# 66 – Patrimoine chef d’entreprise et retraite, quoi faire pour 2025 ?

Patrimoine du chef d’entreprise et retraite : quoi faire pour 2025 ? avec Nicolas Pajot
Dans cet épisode de La Bonne Fortune, Ismaël Bernus reçoit Nicolas Pajot, cofondateur du cabinet Stelca Conseil, pour une discussion dense et passionnante autour du patrimoine du particulier, du chef d’entreprise, de la rémunération, de la fiscalité et de la préparation de la retraite.
Que représente vraiment l’argent ? Quel niveau de revenu espérer à la retraite ? Comment structurer son patrimoine quand on est entrepreneur ? Quelles optimisations regarder dans sa société ? Et surtout, que faut-il anticiper avec le PLF 2025 ?
Pourquoi écouter cet épisode ?
Le patrimoine ne se résume pas à quelques placements financiers ou à une stratégie fiscale isolée. Pour Nicolas Pajot, il s’agit avant tout d’un jeu d’équilibre entre la famille, la fiscalité, le juridique, le social, l’entreprise, l’immobilier, la transmission et les objectifs de vie.
Cet épisode est particulièrement utile si vous êtes chef d’entreprise, indépendant, salarié avec de bons revenus, ou simplement en réflexion sur votre avenir financier. Il permet de mieux comprendre comment raisonner de manière globale, éviter les erreurs de structure et anticiper intelligemment les années à venir.
Ce que vous allez découvrir dans cet épisode
- Pourquoi l’argent représente avant tout une forme de liberté
- Comment penser son patrimoine comme un équilibre global
- Pourquoi il n’existe pas de solution universelle en gestion patrimoniale
- Comment raisonner quand on est chef d’entreprise
- Pourquoi le choix entre SAS et SARL dépend toujours du contexte
- Comment mieux préparer sa retraite quand on entreprend
- Pourquoi les économies fiscales et sociales peuvent devenir un vrai levier patrimonial
- Ce qu’il faut surveiller avec le PLF 2025
Qui est Nicolas Pajot ?
Nicolas Pajot est cofondateur du cabinet Stelca Conseil. Il accompagne principalement des particuliers à fort potentiel patrimonial et de nombreux chefs d’entreprise avec une vision large : structuration, rémunération, fiscalité, optimisation, investissements, retraite et transmission.
Il s’est aussi imposé comme une référence sur LinkedIn grâce à ses fiches pédagogiques quotidiennes, qui rendent accessibles des sujets patrimoniaux souvent jugés complexes ou trop techniques.
Résumé de l’épisode
1. Le patrimoine est un jeu d’équilibre, pas une solution toute faite
C’est l’une des idées les plus fortes de l’échange. Pour Nicolas Pajot, gérer un patrimoine ne consiste pas à appliquer une recette miracle ou à empiler quelques placements standards. Il s’agit d’un équilibre mouvant entre plusieurs dimensions : la famille, le juridique, la fiscalité, le social, l’entreprise, l’immobilier, le financier et la transmission.
Cet équilibre évolue avec le temps. Un profil de 30 ans n’aura ni les mêmes enjeux, ni la même capacité d’action, ni les mêmes priorités qu’un profil de 50 ou 60 ans. C’est ce qui rend l’accompagnement intéressant : chaque situation mérite d’être lue dans sa globalité.
2. L’argent comme liberté, pas comme fin en soi
Nicolas donne une définition très claire de l’argent : ce n’est pas seulement un stock, ni un marqueur social. C’est d’abord une forme de liberté. Liberté de se faire plaisir, de voyager, de transmettre, de vivre des expériences et de créer des souvenirs.
Il rappelle aussi une nuance essentielle : l’argent seul ne suffit pas à rendre heureux, mais il contribue fortement à la qualité de vie. Il permet de créer du choix, de l’espace, du confort, et parfois même de la générosité envers ses proches.
3. Le PLF 2025 : le message est simple, l’État cherche de l’argent
L’épisode aborde ensuite le projet de loi de finances 2025. Le message que Nicolas y voit est assez direct : l’État a besoin de ressources et cherche à en récupérer là où il le peut.
Même si tout peut évoluer, l’idée générale reste la même : la pression fiscale ne diminue pas vraiment. Certaines classes de contribuables peuvent être un peu protégées, mais la classe moyenne et les profils déjà bien imposés risquent de subir davantage de tension. L’épisode rappelle aussi que la revalorisation du barème de l’impôt sur le revenu est une bonne chose, mais que beaucoup d’autres seuils, eux, ne suivent pas.
4. Le vrai problème : on paie partout, tout le temps
L’une des séquences les plus parlantes de l’épisode porte sur le sentiment de saturation fiscale. Nicolas déroule presque mécaniquement le circuit de l’argent : cotisations sociales, impôt sur le revenu, TVA, fiscalité indirecte, impôt sur les sociétés, flat tax, etc.
Pour un salarié comme pour un chef d’entreprise, l’impression est souvent la même : l’argent est taxé à plusieurs niveaux, sur plusieurs étages, parfois avant même d’être vraiment disponible. Cette lecture rend encore plus importante la recherche d’une stratégie structurée.
5. Chef d’entreprise : comment mieux se rémunérer et structurer son patrimoine ?
Nicolas insiste sur un point essentiel : le patrimoine du chef d’entreprise ne doit pas être regardé uniquement sous l’angle de l’entreprise elle-même. Il faut penser aussi :
- rémunération
- cotisations sociales
- dividendes
- structure juridique
- trésorerie de société
- investissements professionnels et personnels
- retraite future
- protection de la famille
Il n’existe pas de réponse automatique sur le fameux débat SAS ou SARL. Si l’on regarde uniquement le coût immédiat de la rémunération, la SARL peut être plus favorable. Mais cela implique d’autres conséquences en matière de retraite, de protection sociale et de stratégie globale. D’où l’importance de ne jamais isoler une variable.
6. Préparer sa retraite quand on entreprend
Sur la retraite, Nicolas tient une ligne pragmatique : il faut cotiser, bien sûr, mais il ne faut surtout pas compter uniquement là-dessus. Pour un chef d’entreprise, l’anticipation est essentielle.
Il évoque notamment la possibilité de structurer certains actifs professionnels de manière intelligente, par exemple avec des montages sur les murs professionnels ou via certaines logiques de démembrement. L’idée de fond est simple : utiliser les outils disponibles pour créer du patrimoine hors du simple circuit de rémunération classique.
7. Les économies sont aussi un levier de patrimoine
C’est un point très fort de l’épisode. On parle souvent de création de richesse, mais beaucoup moins de préservation et d’optimisation. Pour Nicolas, les économies d’impôt, les économies de charges ou les arbitrages intelligents sont aussi des briques patrimoniales.
Ce qui n’est pas gaspillé ou surtaxé peut ensuite être réinvesti. Et à long terme, avec le temps et les intérêts composés, l’effet peut devenir considérable.
8. Se payer en premier : une logique souvent mal comprise
La discussion touche aussi à une idée très répandue : “se payer en premier”. Nicolas et Ismaël ramènent cette notion à quelque chose de plus concret : comprendre ce qui peut être pris en charge intelligemment par la structure, ce qui doit rester personnel, et comment organiser le flux entre l’entreprise et la vie privée.
Sans jamais tomber dans l’abus, l’enjeu est de comprendre qu’un chef d’entreprise qui structure correctement ses flux, ses frais et ses arbitrages patrimoniaux augmente mécaniquement sa capacité à construire quelque chose sur le long terme.
9. Investissements personnels, passion et cohérence
Nicolas partage aussi sa propre façon d’investir : Girardin pour l’optimisation fiscale, produits structurés, un peu de private equity, des projets immobiliers pensés avec logique, et une vraie place laissée à la vie personnelle et à la famille avant certaines stratégies plus agressives.
Il évoque aussi un sujet plus personnel : les montres. Là encore, le propos est cohérent. L’investissement n’est pas toujours seulement rendement. Il peut aussi être lié au plaisir, au marqueur personnel, au souvenir et à la transmission.
10. Rien n’est impossible, mais il faut provoquer les opportunités
En fin d’épisode, Nicolas partage une philosophie de vie très forte : rien n’est impossible, mais rien n’arrive vraiment sans mouvement. Les opportunités se provoquent. La progression se construit. La chance seule ne suffit pas.
Cette idée fait écho à tout le reste : patrimoine, entreprise, image de marque, accompagnement, lecture du risque, décisions patrimoniales. En clair : si l’on veut faire évoluer sa situation, il faut arrêter de subir et commencer à structurer.
À retenir de cet échange avec Nicolas Pajot
- L’argent est un outil de liberté, de choix et de souvenirs
- Le patrimoine doit être pensé comme un équilibre global
- Il n’existe pas de solution patrimoniale universelle
- Le chef d’entreprise doit arbitrer entre société, rémunération, retraite et patrimoine personnel
- Les économies fiscales et sociales sont aussi des leviers de création de valeur
- Le PLF 2025 rappelle une chose simple : mieux vaut anticiper que subir
Références citées dans l’épisode
- Stelca Conseil (lien non fourni dans un format exploitable)
- LinkedIn de Nicolas Pajot (lien non fourni dans un format exploitable)
- La fiche « Structuration patrimoniale en sociétés » (lien LinkedIn incomplet)
- La fiche comparative entre EI, SARL, SAS, portage salarial et micro-entreprise (lien LinkedIn incomplet)
- Livre : Le guide visuel d’éducation financière de Guillaume Simonin (lien FNAC tronqué)
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Transcription reformatée de l’épisode
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(00:01) Nicolas Pajot explique d’emblée que, pour lui, gérer son patrimoine revient à chercher un équilibre entre plusieurs dimensions : la famille, le juridique, le fiscal, le social, l’entreprise, l’immobilier, le financier et la transmission. Le bon arbitrage dépend toujours de l’enveloppe globale, de la situation et des objectifs.
(00:33) Il résume ensuite sa vision de l’argent en une formule simple : l’argent est une forme de liberté. Ce n’est pas tout, mais c’est un levier puissant.
(01:05) Ismaël introduit Nicolas Pajot comme conseiller en gestion de patrimoine, avec une vision très globale des sujets patrimoniaux : fiscalité, structuration, protection, transmission et accompagnement des chefs d’entreprise.
(02:07) Nicolas revient sur son parcours. Il raconte sans filtre avoir été mauvais à l’école, avoir enchaîné des expériences qui n’avaient rien à voir avec la gestion de patrimoine, avant de revenir vers les études puis d’intégrer un master spécialisé en ingénierie du patrimoine.
(05:07) Il explique ensuite la naissance de Stelca Conseil avec son associé Simon. Leur ambition : construire un cabinet qui leur ressemble, sans consignes rigides, avec une vraie liberté de lecture des dossiers et une approche sur mesure.
(06:29) Nicolas détaille sa philosophie : un patrimoine ne se pilote pas par silo. Il faut regarder l’ensemble, comprendre la situation familiale, les dettes, les sociétés, les objectifs, les liens juridiques, la fiscalité, la transmission et les contraintes. C’est cette lecture large qui permet de bâtir une stratégie efficace.
(08:52) La discussion bifurque sur l’association. Nicolas compare cela à un couple : on peut faire des choses seul, mais à plusieurs, on décuple souvent les possibilités. Encore faut-il entretenir cette association comme une relation vivante.
(11:39) Nicolas raconte aussi comment le cabinet s’est développé à partir de zéro. Aucun portefeuille repris, aucun rachat : uniquement du travail, de la spécialisation et une vraie stratégie d’image. Aujourd’hui, son rôle a évolué : moins d’opérationnel pur, plus de média, d’image de marque, de rendez-vous et de positionnement.
(13:57) Il cite un message reçu d’une personne qui n’est pas encore prête à devenir cliente, mais qui sait déjà qu’elle aura besoin d’un accompagnement plus tard. Pour lui, c’est la preuve que le message passe : les gens comprennent progressivement l’intérêt de structurer leur patrimoine.
(16:14) Ismaël pose alors la question centrale : qu’est-ce que l’argent ? Nicolas répond que l’argent contribue fortement au bonheur, non pas par accumulation pure, mais parce qu’il permet de créer des expériences, des souvenirs, de la liberté et du confort de vie.
(20:28) La conversation se tourne vers le PLF 2025. Nicolas résume brutalement le message : l’État manque d’argent et cherche à en récupérer. Le ton est donné.
(22:00) Ils évoquent ensuite la revalorisation du barème de l’impôt sur le revenu. C’est une bonne chose, car cela suit en partie l’inflation. Mais Nicolas rappelle que beaucoup d’autres seuils, eux, ne bougent pas : transmission, micro-régimes, certaines limites fiscales… et c’est là que les effets pervers apparaissent.
(26:32) Nicolas déroule alors une démonstration simple mais parlante : pour un salarié comme pour un chef d’entreprise, l’argent est prélevé à tous les étages. Cotisations, impôts, TVA, fiscalité des distributions… la sensation de pression fiscale permanente est réelle.
(29:31) Vient ensuite le sujet de l’optimisation du chef d’entreprise. Nicolas explique que l’objectif n’est pas juste de réduire l’impôt pour réduire l’impôt, mais de trouver un équilibre intelligent entre rémunération, dividendes, société, patrimoine personnel et avenir.
(30:10) Sur le débat SAS versus SARL, il rappelle qu’il n’y a pas de réponse automatique. La SARL peut coûter moins cher sur certains plans de rémunération, mais cela emporte aussi d’autres conséquences, notamment sur la retraite et la protection sociale.
(32:53) Nicolas insiste ensuite sur la nécessité pour un chef d’entreprise de construire aussi un patrimoine personnel. Il évoque notamment des logiques immobilières et des montages qui permettent de préparer l’avenir plus intelligemment qu’en attendant simplement une retraite hypothétique.
(37:16) Ismaël lui demande comment il fonctionne en honoraires. Nicolas explique que le cabinet travaille au forfait, en fonction de la complexité du dossier. Le rendez-vous initial permet de comprendre la situation, puis un accompagnement plus profond peut être proposé.
(39:39) Ils abordent ensuite un sujet très concret : indemnités kilométriques ou achat voiture via la société ? Nicolas répond de façon nuancée. En début d’activité, les IK peuvent être adaptées. Plus tard, lorsque la structure est plus solide, l’achat ou la location via la société peut devenir plus logique.
(42:14) La discussion se poursuit sur l’idée de “se payer en premier”. L’idée n’est pas seulement d’épargner avant de consommer, mais aussi de structurer intelligemment les flux entre dépenses personnelles, société, frais, et investissements futurs.
(45:10) Nicolas décrit ensuite les profils qu’il accompagne : principalement des chefs d’entreprise, mais aussi des salariés à hauts revenus. Il précise toutefois que ce qui l’intéresse vraiment, ce n’est pas seulement le niveau de patrimoine, mais la philosophie du client : sa capacité à comprendre la valeur du conseil et à se projeter dans le temps.
(47:26) Ismaël lui demande alors dans quoi il investit personnellement. Nicolas cite du Girardin pour l’optimisation fiscale, un peu de private equity, des produits structurés, de l’immobilier, et des choix plus personnels orientés famille, résidence principale et qualité de vie.
(49:09) Il évoque aussi les montres comme objet de passion et parfois de valorisation. Là encore, sa réponse est cohérente : l’investissement n’est pas toujours purement mathématique, il peut aussi répondre à un plaisir personnel ou à une logique de transmission.
(51:22) Ismaël lui demande quelles personnes il aimerait écouter dans La Bonne Fortune. Nicolas cite Guillaume Simonin, qu’il considère comme une inspiration pour le format des fiches pédagogiques, et Jérémy Doyen pour la vision moderne du métier de CGP.
(54:06) Vient ensuite un passage sur ses fameuses fiches LinkedIn. Nicolas cite trois contenus dont il est particulièrement fier : celui sur les formes juridiques, celui sur l’impôt sur le revenu, et celui sur la structuration patrimoniale d’ensemble.
(58:00) Nicolas partage enfin son mantra : rien n’est impossible. Il faut provoquer les opportunités, accepter les étapes, avancer et ne pas se laisser paralyser par l’émotion ou le doute.
(1:00:13) Il ajoute une idée complémentaire importante : les décisions prises sous le coup de l’émotion sont souvent les mauvaises. Il faut apprendre à accepter l’émotion, puis décider avec recul.
(1:02:59) L’épisode se conclut sur un récapitulatif d’Ismaël, qui insiste sur les grands thèmes abordés : structuration, fiscalité, retraite, accompagnement, patrimoine du chef d’entreprise et nécessité de prendre sa situation en main avec une vraie vision globale.

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